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Template Bko, Sunday, 05 September 2010 Template
 
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LE MOT DU DELEGUE GENERAL AUX ELECTIONS

Selon la définition populaire donnée par Abraham LINCOLN, la démocratie est « le gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple ».

Quant à Lord Bryce, « la démocratie, c’est un gouvernement dans lequel la volonté de la majorité des citoyens qualifiés prévaut ».

Pour John Plamentz « le gouvernement démocratique, c’est un gouvernement dirigé par des personnes librement choisies et responsables envers les gouvernés ».

Dans ces trois définitions apparaissent en bonne place la notion et le rôle des élections dans une démocratie.

Il n’y a aucun doute : les élections jouent un rôle primordial dans le système de la démocratie représentative. Elles constituent le mécanisme primaire avec lequel il est possible de concrétiser le principe de souveraineté populaire selon lequel l’autorité ultime repose sur le peuple, qui délègue cette autorité à ses représentants élus par le biais de processus électoral.
Ainsi les élections constituent sans nul doute le procédé privilégié de légitimation du pouvoir, il n’y a en démocratie représentative, d’autorité politique qu’issue des élections.

Celles-ci fournissent aux gouvernants un titre pour agir et commander. Elles fondent et justifient leur pouvoir, elles assurent leur autorité. En même temps, les élections expliquent et justifient l’obéissance civile.

Ce faisant, elles rassemblent la nation autour de son destin, et constituent un rite d’unification et de stabilité du corps social.
  
Bien entendu, ceci ne vaut que pour autant que les élections ont été démocratiquement acquises, c’est-à-dire : libres, transparentes et crédibles.

Mais que faut-il entendre par élections libres, transparentes et crédibles dans les pays en voie de démocratisation ? 
 
De façon générale et surtout de l’avis des observateurs électoraux et des institutions internationales, une élection est qualifiée de « libre, transparente et crédible », lorsque aucune barrière juridique, administrative ou d’ordre organisationnel n’est érigée volontairement ou spécialement contre la participation d’un citoyen ou d’un groupe de citoyens au scrutin en raison de son opinion politique, de sa race, de sa religion, de son appartenance ethnique ou régionale.

Le vote est libre, transparent et honnête lorsque le secret de ce vote est respecté et que le citoyen vote sans aucune influence autre que celle de sa propre conscience et de sa conviction, mais aussi lorsque le processus électoral est ouvert au contrôle public, national et international.
 
A cet effet l’organisation d’élections libres transparentes et crédibles appelle nécessairement certaines conditions dont entre autres :

la création d’un cadre juridique et institutionnel garantissant l’exercice des libertés et droits fondamentaux

l’impartialité et la compétence de la structure de gestion des élections

l’éducation civique des électeurs pour leur permettre de voter librement en toute connaissance de cause

l’égal accès aux ressources publiques et aux médias d’état de tous les candidats en lice

le respect de l’intégrité absolue des suffrages exprimés et des résultats

la garantie des droits et obligations des observateurs nationaux et internationaux.
 
Il est évident que les élections tenues dans ces conditions minimales constituent le passage obligé de la démocratie et certains diront qu’elles représentent le visa ou le passeport pour la démocratie.

En définitive, s’il y a des élections sans démocratie il ne saurait y avoir de démocratie sans élections libres, transparentes et crédibles.
 
Cependant les élections ne sauraient à elles seules être un gage de démocratie, même si elles en sont une condition nécessaire.
 
Aujourd’hui on est en droit de se poser la question de savoir , après plus de quinze ans d’apprentissage de la démocratie en Afrique marqués par des séries d’élections, si celles-ci ont contribué à l’amélioration de la bonne gouvernance et de la qualité de la vie des électeurs ?

La réponse à cette question varie sans nul doute d’un pays à un autre.

Mais ce qui semble évident, c’est que, malgré des avancées significatives enregistrées dans la plupart des pays africains, le processus de démocratisation amorcé en 1990, demeure toujours fragile comme l’attestent les derniers évènements survenus dans certains pays suite aux élections organisées.

Aussi les révisions constitutionnelles récentes visant à sauter le verrou de la limitation du nombre des mandats présidentiels ne contribuent guère à la consolidation de ce processus.
 
 

                                                           LE DELEGUE GENERAL AUX ELECTIONS

                                                                         COLONEL SIAKA SANGARE

 
 
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